»Les couilles sur la table » de Victoire Tuaillon &  »Le coût de la virilité – Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes » de Lucile Peytavin

20210705_120933

Titre VF : Les couilles sur la table

Autrice : Victoire Tuaillon

Editions : Binge – Audio.editions, 2019.

Genre : Essai, Féminisme, Etude de genre

Prix de l’Essai Féministe Causette, Prix des lectrices

Résumé :

 » Qu’est-ce que ça veut dire d’être un homme, en France, au XXIeme siècle ? Qu’est-ce que ça implique ? Pour dépasser les querelles d’opinion et ne pas laisser la réponse aux masculinistes qui prétendent que  »le masculin est en crise », Victoire Tuaillon s’est emparée frontalement de la question, en s’appuyant sur les travaux les plus récents de chercheuses et chercheurs en sciences sociales.

Ensemble, au fil des épisodes de son podcast au titre percutant, elles et ils ont interrogé la masculinité et ses effets : pourquoi, dans une immense majorité des cas, les harceleurs, les violeurs, les casseurs, sont-ils des hommes ? Pourquoi les petits garçons disent-ils tous que  »l’amour c’est nul » ou encore que  »l’amour c’est pour les filles » ? Comment la domination masculine affecte-t-elle aussi les hommes ?

Réunissant les réponses à ces questions et à bien d’autres, ce livre démontre sans dogmatisme que la masculinité n’a rien de naturel, que c’est une construction sociale et qu’il faut la remettre en question si on veut atteindre une véritable égalité entre les hommes et les femmes.

Adapté du podcast phénomène Les couilles sur la table, ce livre est une synthèse indispensable et passionnante sur la virilité, la masculinité et les hommes.  »

Chronique :

Les couilles sur la table est à l’origine un podcast sur Binge-Audio, que vous pouvez retrouver sur la chaîne youtube de sa créatrice. Victoire Tuaillon dédie ce podcast à tous ceux qui s’interrogent sur les notions de virilité, de masculinité, de genre et de sexualité. Ses invités sont de tout horizon, des hommes, des femmes, des scientifiques ou écrivains, sociologues ou juristes, ils s’interrogent ensemble sur des thèmes aussi divers que la sexualité, la représentation des hommes dans la pop culture ou la politique, les hommes et #Metoo, tout cela autour du prisme de la masculinité restant au cœur du débat.

Ce livre regroupe certains extraits d’entretiens et théorise ce qui s’est dit en podcast. En partant de situations concrètes comme l’amitié entre homme, les hommes au travail ou dans la rue, elle et son invité décryptent les comportements, les liens sociaux, la géopolitique sociale et éducative afin de comprendre comment la virilité ou sa recherche, codifient les conduites et perpétuent les machismes. On s’interroge beaucoup sur les psychologies féminines alors que celles des hommes doit obligatoirement être questionnées afin de faire évoluer nos sociétés vers plus d’égalité et moins de pressions sociale.

Des conversations simples et efficaces qui parlent à tous, aux hommes bien entendu, mais aussi aux femmes afin de décrypter psychologies et attitudes, car c’est uniquement ensemble que l’on pourra tordre le cou aux éducations genrées et codifiées qui gangrènent nos sociétés. Les hommes se sentent trop souvent mis à l’écart de la maternité, se pensent obligés de prendre des poses viriles sous prétexte que c’est ce qu’ils ont vu faire, appris et intériorisés mais cela leur pèsent bien trop souvent sans leur rendre service…

 » S’intéresser aux masculinités, retourner le regard, c’est donc aussi remettre en question notre économie, nos institutions politiques, judiciaires, médicales, autrement dit, nos structures de pouvoir.  »

COUP DE COEUR

 

 

Titre VF : Le coût de la virilité – Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes

Autrice : Lucile Peytavin

Editions Anne Carrière, 2021.

Genre : Essai, Féminisme, Etude de genre

Résumé :

 » En France, les hommes sont responsables de l’écrasante majorité des comportements asociaux : ils représentent 84% des auteurs d’accidents de la route mortels, 92% des élèves sanctionnés pour des actes relevant d’atteinte aux biens et aux personnes au collège, 90% des personnes condamnés par la justice, 86% des mis en cause pour meurtre, 97% des auteurs de violences sexuelles, etc.

La liste semble inépuisable. Elle a surtout un coût. Un coût direct pour l’Etat, qui dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en services de police, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Et un coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions de biens. Pourtant, cette réalité est presque toujours passée sous silence.

Lucile Peytavin s’interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes comme principaux auteurs de violences et des comportements à risque, et tente d’estimer les conséquences financières de l’ensemble de ces préjudices pour l’Etat et donc pour chaque citoyenne et citoyen. Quel est le coût, en France, en 2020, des conséquences de la virilité érigée en idéologie culturelle dominante ? L’autrice nous pose la questions : n’aurions-nous pas tous intérêt à nous comporter… comme les femmes ?

Lucile Peytavin est historienne, spécialiste du travail des femmes dans l’artisanat et le commerce. En 2016, elle rejoint le Laboratoire de légalité, où elle travaille sur la lutte contre la précarité des femmes. Le coût de la virilité est son premier essai.  »

Chronique :

Un essai qui ne met pas tout le monde d’accord et qui créé d’ailleurs la polémique. Dommage que ceux qui l’a colportent n’ont visiblement pas lu le livre. Nous sommes loin d’un texte à charge, loin d’un manifeste anti-homme ! Au contraire, cet essai est bien plutôt une synthèse de ce que l’on sait déjà : les hommes créent la majorité des dépenses publiques dans le domaine de la santé ou de la justice. Lucile Peytavin expose, avec une formule mathématique claire et précise, combien la France perd en dépenses dans ces secteurs ( santé, judiciaire et infrastructures ) et les conséquences physiques et psychologiques pour les auteurs comme pour leurs victimes.

Ce qui est le plus de ce livre, c’est surtout le questionnement, qui aurait dû être central et non optionnel au profit des chiffres, autour de la notion de virilité. Cette dernière est finalement le ciment de la différence d’éducation fille/garçon et c’est cela qui gangrène le société. Le reste du propos est somme toute assez plat et égrène les statistiques en ce fameux  »coût de la virilité ». L’autrice le dit elle-même, en attestent les pays nordiques qui ont changé leur système éducatif en plus de neutralité : la violence est toujours l’apanage des hommes. Il faut donc chercher ailleurs, mais, où ? Là, personne ne dit plus un mot… Espérons que les générations futures trouvent ce que nous sommes incapables de chercher. Ce qui est sûr c’est qu’il nous faut changer et arrêter de penser que la violence est dans l’ADN des hommes. Rien n’est plus faux et nous laisse sur un statu-quo qui n’est plus permis.

Je ne suis malheureusement pas persuadée que la forme du texte convienne à des personnes non au fait de ces questionnements. Le but étant de faire bouger les mentalités, et de faire prendre conscience et connaissance aux hommes surtout, de ces notions, ils ne vont pas aller vers cet essai, dont le titre les prend déjà à partie. Dommage, une forme plus dynamique, moins académique aurait été préférable et plus simple à populariser…

Je remercie vivement la maison d’éditions et Babelio pour l’envoi de ce livre.

 » Les discours  »virilistes » justifiant le surplus d’agressivité des hommes par le naturel plutôt que par le culturel apparaissent comme irrationnels. De ce fait, les raisons de la violence masculine ne se trouveraient-elles pas plutôt du côté de l’éducation, puisque celle-ci est fondamentale dans la construction des aptitudes et des comportements des individus ?  »

3 réflexions sur “ »Les couilles sur la table » de Victoire Tuaillon &  »Le coût de la virilité – Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes » de Lucile Peytavin

  1. Pingback: Index par auteur ( nom de famille ) : de L à Z | Topobiblioteca

  2. C’est étrange, ce que tu dis, mais surtout, ça me rappelle qu’à la naissance de notre fils, mon mari m’a un jour demandé s’il pouvait le prendre ! Je suis tombée des nues mais ensuite j’ai compris qu’effectivement, sa première compagne l’avait totalement exclu de tout ce qui tournait autour de leurs enfants…

    • C’est aberrant d’en être encore à ce point je trouve aujourd’hui… c’est ce que j’ai aimé dans les couilles sur la table, se positionner dans la psychologie masculine et décortiquer certains comportements.

Répondre à topobiblioteca Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s