»La remplaçante » de Sophie Adriansen & Mathou,  »La peau des pêches » de Salomé Berlioux &  »Trois mois sous silence » de Judith Aquien

Titre VF : La remplaçante

Autrice : Sophie Adriansen

Illustratrice : Mathou

Editions, First, collection La vie en bulles, 2021.

Genre : Bande-dessinée, Féminisme, Education, Maternité

Résumé :

 » La première BD qui explore le post-partum. Un récit de reconstruction et de résilience.

Marketa et Clovis, amoureux fous, attendent un bébé. Mais l’accouchement signe la fin du conte de fées. La naissance de Zoé ne s’est pas passée comme Marketa l’imaginait, et l’instinct maternel tarde à se manifester. Tandis qu’elle ne reconnait plus son corps, Marketa se sent perdre pied face à ce bébé si vulnérable dont elle a désormais la responsabilité.

Réussira-t-elle à se sentir mère ? à aimer son bébé ? à cesser de penser qu’une remplaçante ferait mieux qu’elle ?  »

Chronique :

Marketa et son mari sont sur le point d’accueillir leur premier enfant. Loin du conte de fée, c’est surtout pour la jeune femme un moment de prise de conscience sur le fait que l’on ne dit rien sur les réelles conséquences d’un accouchement. On ne parle pas de ce corps perclus de douleurs qu’on ne reconnaît plus, sur les injonctions, sur le regard des autres et nos propres envies et contradictions.

Sophie Adriansen et Mathou ont mis tout leurs vécus et celui de bien d’autres femmes dans ce récit touchant et authentique, d’une jeune mère qui ne sait plus qui elle est et ce qu’elle veut. Des sujets tabous sont évoqués sans phare, la peur d’être seule avec son enfant, de ne pas l’aimer, d’imaginer qu’une autre ferait mieux, l’envie de s’extraire de soi.

Un récit pour les jeunes mères afin de les aider à ne pas culpabiliser, pour celles en devenir afin de les préparer, pour celles qui ne veulent pas d’enfants mais aussi pour les futurs papa ; cette histoire est pour tous. Une façon de sensibiliser et de parler sincèrement d’une réalité : la dépression post-partum qui touche plus de femme que la société nous le laisse croire. Plus qu’une histoire c’est une démarche de santé publique, les jeunes mères ne sont pas préparées ni suivies psychologiquement. Il faut bouger les choses et la première étape est d’en parler.

 »On voit mieux certaines choses avec des yeux qui ont pleuré.  »

Proverbe ivoirien

Titre VF : La peau des pêches

Autrice : Salomé Berlioux

Editions Grasset, 2021.

Genre : Littérature contemporaine

Résumé :

 » J’annonce à mon médecin ; nous souhaitons avoir un enfant. De sa voix tranquille, il répond : c’est possible. De ce  »c’est possible » dont il ne reste rien, je garde toutefois le souvenir. Talisman d’une époque où avoir un enfant semblait non seulement possible, mais facile. Simple prolongement de l’étreinte amoureuse. Je n’avais aucun doute. Pourquoi en aurais-je eu ?  »

Chronique :

En France, un enfant sur trente est conçu grâce à la PMA, dans tous les quinquennats le débat est sans cesse relancé. Il aura fallu attendre le 2 août 2021, pour que la PMA soit ouverte aux femmes seules et aux couples de femmes ! Pourtant, malgré tout cela, ce sujet reste tabou et sensible, parce que frappé de préjugés et de manque de connaissance.

Avec La peau des pêches, texte largement autobiographique, Salomé Berlioux nous livre un récit à la fois tranchant et d’une finesse sans égale. Nous sentons toute la véracité, toute l’angoisse, l’espoir et la planification douloureuse d’un tel projet. Les nerfs à vif, la vie qui passe sans s’arrêter sur les ordonnances, les rendez-vous médicaux passés sous silence au reste de l’entourage et les tentatives sans lendemain.

C’est un texte profondément humain, qui interroge avec une force inouïe l’injonction à la maternité, la transmission filiale, l’amour et le désir, dans une société profondément ancrée dans des schémas ancestraux. Que vous soyez engagés ou non dans un projet de PMA, enceinte, sans enfants, homme ou femme, ce livre nous concerne tous, car il remet en question nos modes de vies et nos désirs les plus primaires.

A lire pour se sentir moins seul, pour s’informer et peut-être, un jour, pouvoir faire encore avancer les lois et bouger les mentalités…

 »Je voudrais qu’il se passe quelque chose. Que les mentalités évoluent. Qu’on arrête de demander, comme une évidence, à une femme de trente ans si elle a un projet de bébé en route, sans imaginer ce que ces questions impliquent.  »

Titre VF : Trois mois sous silence – Le tabou de la condition des femmes en début de grossesse

Autrices : Judith Aquien et Préface de Camille Froidevaux-Metterie

Edition Payot, 2021.

Genre : Essai, Education, Maternité

Résumé :

 » Ouvrons la parole et alertons : les femmes ne doivent plus traverser seules les difficultés du premier trimestre.

Pour 85% des femmes, les trois premiers mois de la grossesse sont, par certains aspects, un enfant tant physique que psychologique : nausées, vomissements, fatigue extrême, état dépressif, peur de la fausse couche et, dans près de 20% des cas, fausse couche réelle…

Alors que le début de grossesse est marquée par l’insécurité permanente d’un corps qui met tout en place pour acceuillir la vie, rien ne doit transparaître de l’état des femmes : elles sont invitées à prendre sur elles, au travail comme à la maison, et à taire ce qu’elles endurent.

Ce livre dénonce la non-prise en charge – RH, médicale, psychologique… – des femmes pendant ce tiers de leur grossesse, à la faveur de l’injonction à ne pas parler, et propose une lecture féministe de ce tabou systémique.  »

Féministe et humaniste engagée, Judith Aquien a donné naissance à son premier enfant en janvier 2021 après avoir subi une fausse couche fin 2019. Elle libère ici la parole sur les difficultés du premier trimestre et livre une analyse sans concession de cette silenciation révoltante dont sont encore victimes les femmes enceintes au XXIeme siècle.

Philosophe et féministe, Camille Froidevaux-Metterie consacre ses recherches aux mutations de la condition féminine contemporaine dans une perspective qui place le corps au centre de la réflexion.

Chronique :

Si il y a un tabou tout aussi fort que le non désir d’enfant, il s’agit des fameux trois premiers mois de grossesse. Depuis des siècles, ces semaines sont considérées comme inexistantes aux yeux de tous, de la loi autant que des professionnels de santé. Cette enquête met en lumière les nombreuses invisibilisations des femmes dans le domaine de la santé et de la maternité. Ce livre est aux frontières du témoignage et de l’essai en abordant les sujets sous l’angle de la santé mais aussi physique et psychologique, afin de rendre compte du maximum de changements possibles du corps au cours de ces semaines particulières.

En effet, la superstition est si tenace qu’aujourd’hui encore les couples n’annoncent pas l’heureux événement avant la fin de ces 3 mois. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne se passe rien, ce sont parmi les semaines les plus douloureuses et complexes de la grossesse. Le corps change et si à l’extérieur cela ne se remarque pas, l’intérieur est un véritable chaos. Les professionnels de santé minimisent ces changements et ces douleurs, les plaçant sur le compte de la douilletterie féminine, bien connue ! Les manuels de grossesses ne parlent que de  »petits maux » qu’il faut savoir endurer pour vivre pleinement ces mois d’idylles. Mais aucuns n’évoquent vraiment la réalité, tout comme les médecins. L’ensemble du corps médical est conçu pour que la femme ne parle pas de ce qu’elle subit, à tort car c’est là que commence l’intériorisation, c’est là que la parole serait salutaire, là où on ne rencontre que le silence.

Si depuis peu, cela tend à évoluer notamment avec des sites ou des listes de professionnels spécialisés dans ces questions comme le site Gyn&co ou martinwinckler.com, ce n’est qu’un petit début. Il faut absolument ouvrir la parole sur ce type de sujets. Le livre aborde également la fausse couche ou les violences obstétricales afin que les femmes enceintes ou non puisent dans ce manifeste une bonne partie des réponses à leurs interrogations.

 »Assurons, enfin, à nos grossesses, aux deuils de nos fausses couches, à notre fabuleuse capacité à porter le risque et la vie, d’exister pleinement, et d’être dits, expliqués, compris, célébrés et respectés.  »

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