»Summerset Abbey » – Trilogie de T. J Brown

Titre : Summerset Abbey
t.1 Les héritières
t.2 Le printemps des débutantes
t.3 Le temps des insoumises
Auteur : T.J Brown
Traduits de l’anglais ( Etats-Unis ) par Sophie Pertus pour le tome 1 et par Catherine Berthet pour les tomes 2 et 3.
Editions France Loisirs, 2014.
Genre : Historique, romance, romance historique

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 » Et vous vous trompez, miss Victoria.
Elle s’arrêta.
Comment cela ?
Il y a une chose que je trouve intéressante et captivante.
Elle attendit, le cœur battant.
Vous.  »

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 »La petite communiste qui ne souriait jamais » de Lola Lafon

Titre VF : La petite communiste qui ne souriait jamais

Auteure : Lola Lafon

Editions Acte Sud, 2014

Genre : Biographie, historique, littérature contemporaine

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 » On convoque les éléments : nage-t-elle dans un océan d’air et de silence ? On repousse le sport, trop brutal, presque vulgaire en comparaison de ce qui a lieu, on rature, on recommence : elle ne sculpte pas l’espace, elle est l’espace, elle ne transmet pas l’émotion, elle est l’émotion.  »

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 »On a tiré sur le président » de Philippe Labro

Titre VF : On a tiré sur le Président
Auteur : Philippe Labro
Editions Gallimard, 2013.
Genre : Historique, autobiographie, biographie

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 » – Où étiez-vous le jour où l’on a tiré sur Kennedy ?
Cette question a été posée pendant des décennies, au cours de dîners, déjeuners, réunions, conversations diverses, n’importe où dans le monde – et pas seulement dans le monde occidental. »

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 »Les cèdres de Beau-Jardin » de Belva Plain

Titre VO : Crescent City
Titre VF : Les cèdres de Beau-jardin
Auteure : Belva Plain
Traduit de l’américain par Bernard Ferry.
Editions Belfond, 2014 (réédition)
Genre : Romance historique, historique

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 » Comment trois notes de musique peuvent-elles nous déchirer le cœur de chagrin ? Trois gouttes de pluie grise le pénétrer tout entier de délices ? Vous voyez, il est tant de choses incompréhensibles.  »

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 »La guérisseuse et le Roi » de Barbara Wood

Titre VO : The Serpent and the Staff

Titre VF : La guérisseuse et le Roi

 

Auteure : Barbara Wood

 

Traduit de l’Anglais Américain par Alexandra Forterre.

 

Edition Presses de la Cité, 2013.

 

Genre : Littérature contemporaine, historique

 

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 » L’amour est plus précieux que l’or. Celui que je ressens pour ta mère dépasse les étoiles. Il survivra au temps lui-même. Et je prie pour qu’un jour, Leah, tu trouves un tel amour. Tu rencontreras un homme et sauras, dans ton cœur, que vos deux âmes ne font qu’une. Ce jour là, tu comprendras pourquoi je ne pourrai jamais briser une promesse faite à ta mère.  » ( p.79 )

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 »Belle Epoque » de Elizabeth Ross

Titre VO : Belle époque (2013)

 

Titre VF : Belle époque

 

Auteure : Elizabeth Ross

 

Traduit de l’anglais américain par Madeleine Nasalik.

 

Edition Robert Laffont, collection R, 2013.

 

Genre : Historique, jeunesse

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 » Tout comme le bijoutier place une fine lame de métal sous une pierre précieuse pour qu’elle brille de mille feux, l’agence place un repoussoir près d’un joyau issu du grand monde pour lui servir de faire-valoir.  » ( p.74 )

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La nuit du Sérail de Michel de Grèce :

Titre : La nuit du Sérail

Auteur : Michel de Grèce

Édition Olivier Orban, 1982

Résumé :

 » Aimée Dubuc de Riverie, cousine de la future impératrice Joséphine, naquit à la Martinique à la fin du XVIIIe siècle. Capturée par les pirates barbaresques à l’âge de quinze ans, offerte par le Dey d’Alger au Sultan de Constantinople, elle verra dès lors toute son existence se dérouler dans le Sérail. Favorite du vieux Sultan, amoureuse et aimée de son successeur, mère adoptive d’un troisième Sultan, elle détiendra un pouvoir occulte de plus en plus important.

Rédigeant ses mémoires alors que ses jours sont comptés, Aimée revit l’incroyable aventure de l’enfant qui croyait en son destin : comment l’adolescente réduite en esclavage devint, à travers l’amour et les larmes, une jeune femme passionnée puis une Sultane au sommet de la puissance dans le monde clos, violent et fascinant de la cour de Turquie.

Michel de Grèce, en donnant la parole à son héroïne, anime d’un souffle romanesque la parfaite reconstitution d’une vie hors du commun.  »

Mon avis :

Un deuxième coup de cœur de l’année est-ce possible ? Peu de temps après le premier ? Oui, c’est tout à fait possible, car comment décrire précisément ce livre autrement que par un coup de cœur de l’année !

L’histoire relate la fabuleuse vie d’Aimée Dubuc de Riverie, à 43 ans, atteinte d’un cancer, elle revient sur son passé. Elle passe son enfance à la Martinique, entourée d’une famille aimante, toujours accompagnée de sa cousine, Joséphine. Cette dernière va l’entraîner, l’année de leurs 9 ans, chez la voyante la plus réputée de l’île. Les deux filles vont découvrir qu’elles sont promises à deux destins aussi merveilleux l’un que l’autre, et si Joséphine au fil des années, laisse cette vision mystique de côté, Aimée, elle, est persuadée de sa réalisation. C’est ici, le début d’une vie semée d’embûches et d’aventures pour cette dernière.

Cette figure historique à réellement existé, mais les historiens préfèrent la croire disparue en mer, lorsque le bateau qui devait la ramener à la Martinique suite à une séjour en France chez sa cousine, fût pris d’assaut par des pirates. C’est à partir de là que Michel de Grèce va broder une histoire tout à fait plausible en retraçant la vie d’Aimée à partir d’archives et d’écrits.

Beaucoup d’artistes et d’écrivains aiment penser qu’Aimée fût offerte au Sultan Abdoul Hamid I, à Constantinople, et qu’elle monta progressivement les échelons. De camériste ( femme de chambre esclave ), elle deviendra bientôt la Sultane Validée.

 » Ceux qui ont vraiment su qui vous étiez sont morts. Les autres ne feront que le soupçonner. Il y aura des rumeurs, peut-être des romans.  » (p. 438 ) Voici une citation qui je trouve résume parfaitement la vie de cette femme.

Nous entrons dans un monde, qui pour nous les Occidentaux, est totalement inconnu. Jamais auparavant je n’avais lu de livre sur l’Orient, et l’univers particulier des Harems. En commençant la lecture, j’appréhendais énormément de ne pas réussir à comprendre ces particularités. Mais l’auteur a su rendre très accessibles ces nombreuses codifications, puisqu’Aimée est nouvelle également et ne connaît rien aux coutumes Orientales. C’est à travers elle que Michel de Grèce, à travers son apprentissage qu’il nous les rends abordables. Son écriture y est pour beaucoup, c’est un mélange de documentaire – fiction, mais sous entendu, de telle sorte que nous assemblons les informations et les comprenons.

J’ai beaucoup appris au contact de cette lecture, sur la place de la femme dans la société Orientale, dont nous avons parfois bien des œillères. J’ai adorée cette ambiance sensuelle, mais perpétuellement cachée, sous entendue, esquissée, des beauté du corps et de l’esprit de la femme. C’est une ode à l’amour, à la volupté, qui est décrite ici. Les nombreux rangs des femmes du Harem, m’ont impressionnée et j’ai découvert un pays dans un pays ! C’est hallucinant les codifications qui y sont présentes, comme le dit un éminent membre politique au service du Sultan, à Aimée, lorsqu’elle approche de Constantinople, et du Harem :  »C’est un palais dans un palais, un État dans l’État. C’est une ville dont les habitants ne sortent jamais ; elle a ses propres lois, ses intrigues, ses drames. Aucune information, aucune rumeur ne filtre hors de son enceinte. Mieux vaux ne pas s’en approcher. Mieux vaux ne pas chercher à savoir ce qui s’y passe.  »

Bien sur, il y a le thème important de l’emprisonnement de la femme et de l’esclavage, sous des dehors de beautés inaccessibles. Comme évoqué dans la citation plus haut, personne ne sort du palais, même le Sultan ! Une partie de ce palais est réservée aux femmes, qui sont idéalisées, et doivent être parées à tout moment de leurs plus beaux atours. Nous avons souvent tendance à fantasmer ces femmes hors du commun, comme ce tournant les pouces dans leurs étoffes de soie, mais ici, pas de place au farniente, c’est le soucis du bien être de l’homme qui est au centre de tout. La vie de ses femmes est une vie d’esclavage, dont elles veulent sortir en se rendant maîtresses du Sultan, et pouvoir avoir accès a l’influence sur le Sultan et l’empire.

En ce qui concerne ce dernier point, Aimée va être éduquée sur les uses et coutumes du Harem, ainsi que sur l’histoire du pays, ce qui donnera lieux à des descriptions sur les plus influentes femmes qui ont traversées l’histoire et la vie des Sultan. Ce point historique m’a beaucoup appris, et j’ai aimée être prise dans le récit sensuel et violent de ses femmes de pouvoirs, aux destins souvent tragiques.

La magie du Harem, et de ses femmes mystérieuses, la vie recluse qu’on y mène est décrite de façon gracieuse tout en ne cachant pas ses inconvénients, et le certain tragique de la situation.

Il y a également une grande partie concernant la politique. Cette dernière est la toile de fond du livre, les guerres et les traités politiques ont façonnés le pays et le mode de vie Orientale, ce que j’ai appréciée suivre. Tout est très bien expliquée, et avec des mots simples et puissants, l’auteur nous fais passer l’essentiel des enjeux. Je me suis surprise plusieurs fois à comprendre réellement la portée de telles ou telles nouvelles lois, c’est d’ailleurs très agréable ! De plus l’auteur nous donne l’impression d’être au cœur des événements, alors que bien souvent tout ce passe entre les murs du Palais.

Les différents complots du Harem, la politique mystérieuse du Sérail, très codifiée, est finalement accessible par l’écriture de l’auteur très précise. De plus, Michel de Grèce est l’héritier de la famille royale de Grèce, conjuguée à celle des Comtes de Paris, de par sa mère. Ce qui lui donne une forte prise sur l’Histoire de France, mais aussi sur celle de l’Empire Ottoman, par son histoire familiale.

En ce qui concerne les personnages, ils sont bien campés. Complets, humains, avec des réactions réelles, des sentiments parfois compliqués, mais ils n’ont jamais qu’une seule ligne de conduite, ce ne sont pas des archétypes de telles ou telles sentiments, de telle sorte que nous pouvons tout à fait nous attacher à eux.

Le personnage principal, Aimée, nous est très attachante, puisqu’elle relate à la première personne son histoire, et nous offre quelques passages, parfois, de ses journaux intimes. C’est une figure féminine qui à toujours cru en elle, qui ne s’est jamais laissée abattre malgré le nombre de tragédie qu’elle dut traverser, et donne l’exemple d’un profond courage, d’une force incroyable et d’une capacité d’adaptation hors-du-communs.

Nous pouvons faire un parallèle entre ce livre, et les romans picaresques du 18eme, où un héros, le picaro, à travers de nombreuses péripéties gravis les échelons sociales. Ici, avec le personnage d’Aimée c’est la même chose, mais en version féminine. Elle à également une particularité, celle de changer d’identité complètement, en changeant de pays, de meurs, de traditions, et surtout de prénom !

Les Sultans que nous rencontrons au fil des pages sont tous très différents, et cela donne une grande réalité au récit. Nous comprenons les enjeux du pouvoir et la difficulté de gouverner, tout en gardant ces valeurs, ainsi qu’une certaine autorité et conserver l’amour du peuple.

L’intrigue est bien construite, nous découvrons Aimée à 43 ans, atteinte d’un cancer, faisant une rétrospective de sa vie. Nous partons de son enfance, et remontons le temps. Ces nombreuses interventions, dans le récit, sur ce qu’elle regrette ou non dans sa vie, sont fort intéressantes. Cela nous montre qu’il faut savoir accepter son passé pour avancer. L’immersion est progressive, et tout est violent, ou chaleureux. Les sentiments sont forts, et je tire mon chapeau à l’auteur qui à su parfaitement se glisser dans la peau d’une femme. Malheureusement, je déplore que la succession des événements du début soient très rapides, puis que de nombreuses ellipses soient réalisées lors de sa vie au Harem. Mais cela reste tout de même mineur, au regard des nombreux points brillants de ce récit.

Une grande réalité se dégage de ce roman de société, de vie et d’exemple de courage féminin. C’est ici la vie que l’auteur décrit en faisant revivre cette femme, cet Empire religieux, et cette époque.

Je suis donc totalement sous le charme de ce livre, et de l’univers du Harem, et j’ai commencée à faire des recherches sur d’autres titres de l’auteur et sur d’autres livres traitant de l’histoire d’Aimée Dubuc de Riverie, la Sultane Validé, car l’histoire de cette femme m’a laissée une très forte impression. Michel de Grèce à su rendre le Sérail accessible, les petites subtilisées apportées sont d’une force sans égales, que j’ai vraiment envie d’approfondir le sujet.

  • Points positifs : l’immersion progressive dans la vie et les codifications du Harem, les descriptions précises, les points de politiques très accessibles, les personnages attachants et humains
  • Points négatifs : peut être une trop rapide succession d’événements au début, puis des ellipses assez longues en milieu de livre, mais c’est vraiment pour trouver quelque chose à redire, car un livre retraçant une vie aussi tumultueuse ne peut qu’être ainsi

Extraits :

 » J’ai souvent pensé que la méconnaissance de l’avenir épargne à l’individu certains états de conscience proprement insupportables. Les occasions sont rares en effet, dans une vie humaine, où l’on peut dire avec une entière certitude : «  Ce que je suis en train de vivre là ne se reproduira jamais plus. C’est l’unique fois ».  » ( p. 83 )

 »- Tant d’hommes veulent le pouvoir, tant d’hommes tuent et s’entre-tuent pour l’obtenir. Si seulement ils savaient ce que créer le pouvoir, cette responsabilité, ce fardeau de tous les instants. Moustafa était tout heureux de devenir Sultan et le voilà, éperdu, indécis, angoissé. Et moi, tout prisonnier que je suis, je ne l’envie pas d’être à la place que j’occupais.  » ( p.164 )

L’auteur :

Michel de Grèce est le fils du Prince Christophe de Grèce, et le petit fils du Roi Georges Ier de Grèce et de la grande-duchesse Olga de Russie ; sa mère, la princesse Françoise de France, est la sœur du Comte de Paris. La Maison royale de Grèce étant une branche de la Maison royale du Danemark, le prince Michel de Grèce est cousin germain du duc d’Edimbourg, cousin du roi d’Espagne et de la reine du Danemark.

Michel de Grèce est né le 7 janvier 1939 à Rome où ses parents vivaient alors. Son père étant décédé lorsqu’il avait un an, sa mère s’installa au Maroc avec lui pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans la maison de sa grand-mère maternelle.

Après la mort de sa mère, en 1953, le prince Michel est accueilli dans la famille de son oncle, le comte de Paris. Il effectue toutes ses études en France, jusqu’au diplôme de Sciences politiques qu’il obtient en 1960.

Ensuite, il rejoint la Grèce, servant pendant quatre ans dans l’armée à Athènes. En 1965, il épouse Marina Karella, la fille d’un industriel grec. Sa femme n’étant pas de naissance royale, il doit renoncer à ses droits sur la couronne grecque.

De 1965 à 1972, Michel et Marina de Grèce vivent aux environs d’Athènes, et c’est à cette époque que le prince écrit son premier ouvrage, Ma sœur l’histoire, ne vois-tu rien venir ?, publié en France aux éditions Julliard et couronné par le prix Cazes. Sa femme, Marina Karella, est peintre et sculpteur. Elle a dessiné des décors et des costumes pour le théâtre grec, participe à de régulières expositions à Paris, Athènes et New York, et ses œuvres sont exposées dans de très nombreux musées à travers le monde.

L’enfant du Titanic de Leah Fleming :

Titre : L’enfant du Titanic

Titre original : The Captain’s Daughter

Auteur : Leah Fleming

Édition France Loisirs, 2012

Résumé :

 » Pendant le naufrage du Titanic, deux femmes se lient d’une profonde amitié, au-delà des drames et des secrets…

10 avril 1912 : le majestueux paquebot Titanic quitte le port de Southampton. Destination : New York. A son bord, May Smith, passagère de 3e classe, son mari et leur bébé. Comme beaucoup d’autres, le couple part tenter sa chance en Amérique. Parmi les voyageurs de 1ere classe, Celeste Parkes rentre chez elle en Ohio le cœur serré. La jeune femme n’a osé avouer à personne la vérité sur l’homme qu’elle à épousé…

Mais le naufrage du Titanic va tout changer. Rescapées, May et Celeste vont se retrouver liées à jamais. Après avoir survécu à l’horreur, comment Celeste réussira-t-elle à prendre son destin en main ? Quant à May, la décision qu’elle a prise en secret cette nuit-là bouleversera sa vie et celle des générations à venir…  »

Mon avis :

N’étant pas très convaincu par cette histoire, j’étais plutôt sceptique quant à cette lecture. Ce concentrer sur le Titanic n’est il pas une chose particulièrement risquée, de part la popularité du naufrage ? Il faut pouvoir créer une intrigue originale qui tienne la route.

Autant vous dire que je ne comptait pas le lire, mais lorsqu’une collègue de ma mère lui à prêtée et qu’elle m’a dit, après la lecture que c’était une très belle histoire d’amitié et de courage féminin, traversant l’histoire avec un grand H, j’étais plutôt intriguée. Ni une ni deux, avant de reculer, je me suis plongée dans ce récit passionnant.

L’histoire commence par l’embarquement du paquebot le Titanic. D’un côté, May Smith et son mari, en compagnie de leur enfant Ellen, espèrent trouver un foyer digne de ce nom, dans le Nouveau Monde, afin de faire fortune. Ils embarquent en 3eme classe. De son côté, voyageant en 1ere, Celeste Parkes, rentre chez elle, après avoir assistée aux funérailles de sa mère.

Mais suite au naufrage, les deux femmes vont lier leurs destins à jamais. Celeste va-t-elle s’affranchir de son mari et May trouvera-elle le courage de révéler son secret ?

Au départ, je n’ai cessée de faire des parallèles entre le récit et le film de James Cameron. En effet, l’auteur reprend ce qui à fait le succès du paquebot. Tel que l’intégration d’une anecdote sur la fameuse grande horloge, en haut de l’escalier, la figure de la célèbre Molly Brown ou encore la comparaison du personnage de Céleste avec Rose Dewitt Bukater, puisqu’elle semble rentrer chez elle comme enchaînée. Le naufrage est également très bien traitée, retranscrivant l’incompréhension des passagers face au nombre insuffisant de canots. Ici par contre, les spéculations sur les intentions du capitaine sont beaucoup plus étendues, en en faisant un des enjeux importants du livre.

Mais suite au naufrage nous nous écartons complètement du film, pour entrer dans une histoire original à part entière. Nous nous concentrons ensuite sur May et Celeste, qui vont se retrouver unis, par l’horreur du sinistre, aux prises avec un immense secret pour l’une et des difficultés de la vie conjugale pour l’autre. Leur amitié se développe par les lettres qu’elles s’écrivent, et nous voyons que même deux amies peuvent se cacher des choses. Un fossé est alors décrit entre leur vies et leurs missives.

Cette aspect de l’écriture comme fictive, est assez bien pensée. Car ne demandons nous pas à la littérature de nous écarter de nos vies et de nos soucis ?

Parlons histoire avec un grand H désormais : parce que ce livre outre une histoire d’amitié est une rétrospective historique sur une large période, qui couvre divers points de vues et prises de positions afin de nous faire balayer le plus de visions possibles. Oui, parce que dans la vie on est dans un camp comme dans l’autre, et pas forcément dans celui que la postérité appellera  »gentil ». Les circonstances extérieures sont bien souvent déterminés par un lieu et une famille.

Ici, c’est la même chose, l’auteur nous plonge dans l’histoire des suffragettes ( oui nous sommes dans un livre où la plupart des protagonistes sont des femmes ), dans l’horreur de la première guerre mondiale et de la seconde ainsi que leurs conséquences économiques et familiales. Les générations se succèdent, et les caractères de ces femmes évoluent avec le temps. J’ai appréciée que parfois les conflits de génération voient le jour, ainsi nous avons l’impression d’entrer de plein pieds dans la réalité des familles de cette époque.

Les nombreuses ellipses ne nous font pas perdre le fil, puisqu’à chaque début de chapitre le lieu et la date sont indiqués et un résumé est fait des années précédentes. Parfois j’aurais aimée que ces bonds dans le temps soient un peu moins longs, mais au final on ne perd rien, et nous laissons les pages défilées avec joie.

Les périples des personnages nous les rendent très attachants, puisqu’à travers une narration à la troisième personne et une focalisation interne, nous connaissons tous les tenants et aboutissants, toutes les pensées des personnages, et l’auteur peint à merveille une réalité concrète. Son styleest très fluide, directe, mais parallèlement elle a su très bien nous perdre dans un imbroglios de questions, de situations qui nous semblent ne jamais se résoudre. Et c’est seulement à la toute fin que nous prenons la mesure de ces petits détails, parcheminés au fil du roman. Je dois avouer que je suis impressionnée par la façon dont il est construit.

Certes la fin est attendue, mais il n’en reste pas moins que l’histoire n’est pas banal, et qu’il fallait arriver à créer quelque chose à partir d’un fait qui à eu autant de succès et de spéculations.

Si je n’avais écouté que mon premier avis, qui était que je ne trouverai jamais de l’originalité dans ce roman, je serai vraiment passée à côté de quelque chose.

  • Points positifs : une intrigue original, une écriture directe et fluide, des personnages attachants
  • Points négatifs : certains personnages ne sont peut-être pas assez développés

Extraits :

 » Tout ce qu’il espérait désormais, c’était ne pas avoir perdu l’amour de sa mère. Elle lui avait dit un jour que l’amour était pareil à une coupe sans fond, à laquelle on pouvait boire à profusion sans qu’elle tarisse jamais. Il espérait que c’était vrai.  » ( p. 346 )

 » Mais le chagrin, avait dit quelqu’un, était pareil à un locataire envahissant qui accapare toute la place devant la cheminée et vous empêche de vous réchauffer. On se résignait à enfiler un chandail de plus pour ne pas grelotter.  »( p. 558 )

L’auteur :

Leah Fleming est Anglaise, diplômée de l’Université de Leeds. Mariée et mère de quatre enfants, elle partage sa vie entre l’Angleterre et la Crète.  »L’enfant du Titanic » est son septième roman, le premier publié en France.

Petit plus ; allez lire l’avis d’Herbe Folle qui parle très bien du livre…

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows (édition 10/18) :

Résumé :

 » 1946, alors que les Britanniques soignent les blessures de guerre, Juilet Ashton, écrivain en manque d’inspiration, entreprend une correspondance avec les membres attachants d’un cercle de Guernesey. De confidences en confidences, la page d’un nouveau roman vient de s’ouvrir pour la jeune femme, peut-être aussi celle d’une nouvelle vie…  »

Mon avis :

Cela fait longtemps que le titre de ce livre m’avait attiré l’œil, mais je n’avais jamais osée franchir le pas en l’achetant et encore moins en le lisant. Cela aurait été une erreur, car j’ai vraiment aimée cette lecture toute en douceur !

Nous sommes en 1946, nous rencontrons Juliet Ashton, le personnage principal, romancière anglaise d’une trentaine d’années, qui a écrit pendant la guerre une chronique  »Izzy Bickerstaff s’en va-t-en guerre », dans un célèbre journal.

Malheureusement, Juliet n’a plus d’inspiration pour un autre livre. Bientôt une lettre d’un habitant de l’île de Guernesey, Dawsey Adams, qui après avoir retrouvé un exemplaire d’un livre de l’auteur Charles Lamb, appartenant à Juliet, lui demande si une librairie londonienne serait à même de lui trouver d’autres titres de l’auteur.

Petit à petit, Juliet découvre l’existence du Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey, ainsi que ses habitants que ce Cercle a aider à passer les heures les plus noires de la guerre.

Juliet essai au travers des lettres de glaner des informations sur le quotidien de ces insulaires pendant l’Occupation, afin d’en faire un livre. Mais la tâche est ardue, et elle va bientôt avoir envie de quitter Londres pour la paisible et bucolique île Anglo-Normande.

Le point central du livre est donc Juliet, qui effectue des recherches sur l’Occupation des insulaires. Avec elle est développé le monde de l’édition et de la littérature de l’époque ( pendant et après guerre ). Son meilleur ami Sidney est également son éditeur, ce qui favorise ce point de vu. Il y a également quelques références littéraires tels que les sœurs Brontë ou Jane Austen ! Bien que je pensais qu’il y aurait plus de conversation sur la littérature en tant que tel et de références, le monde littéraire est une façon d’entrer en matière et de comprendre au moyen des livres, la personnalité des habitants de l’île et leur ressenti face à l’état d’Occupation. Le Cercle leur a permis de garder un lien humain pendant la guerre, de rester soudés aux heures les plus noires.

Ce que j’ai appréciée dans ce récit est qu’il y a l’interversion de personne réprouvant complètement le Cercle et ses membres. La figure du personnage Allemands est également plus floue. Les points de vu sont donc tous présents, ce qui fournis un texte complet.

Les personnages secondaires sont nombreux, mais ils ont tous une personnalité et un caractère bien à eux, ce qui les dissocie et nous permet de trouver une figure à laquelle s’attacher, peut-être plus qu’aux autres. Il y a Isola, la bergère atypique et loufoque, Dawsey le réservé, Kit la petite fille tendre, ou encore Elizabeth la figure de disparue.

Chacun apporte un récit, une émotion, son intimité et son vécu bien à lui de l’Occupation. Les personnages nous apparaissent alors sous des jours nouveaux, ils se laissent ainsi devinés par leur récit de guerre.

En ce qui concerne la fin, je l’ai trouvée juste. Je ne m’imaginais pas quelque chose de complètement bouleversant, étant donné que la douceur prédomine la lecture de ce roman, même si le contexte est grave, car c’est la fin de la guerre, et que les habitants de l’île comme les autres doivent réapprendre à vivre. Elle arrive a point nommée, bien que je m’en sois doutée depuis un bon moment, nous laissant sur une note de confiance quand à l’avenir de nos personnages. On referme le livre sereins, sachant que nos héros sauront prendre soin les uns des autres…

Le format épistolaire est un très bon choix, selon moi, car les insulaires racontent eux-même leur expérience de la guerre, en utilisant la première personne, on entre vraiment dans leur cœur, et cela est d’autant plus émouvant. Les mots utilisés collent parfaitement à chaque personnalité, la lecture est rythmé car les personnages sont doué d’humour, et que l’on passe d’un personnalité à une autre, d’une histoire à une autre.

Ce roman est loin d’être larmoyant, même si il est émouvant, on se laisse porter par les lettres, d’une à l’autre nous voguons entre les habitants de Guernesey où chacun apporte sa pierre à l’édifice dans l’histoire de l’Occupation. De plus, même si certaines choses sont romancé, j’ai beaucoup appris sur l’île de Guernsey, et la situation de ses habitants pendant l’Occupation.

  • Points positifs : la petite Kit qui est adorable et pas toujours gentille avec les gens, le contexte traitée avec humour et philosophie, la douceur de Juliet, chaque personnages est importants et apporte sa pierre à l’édifice de l’histoire, tous les points de vus sont présents

  • Points négatifs : pas assez de référence littéraire et de discussion sur la littérature à proprement parlée, une fin peut-être prévisible ( c’est vraiment pour trouver un petit quelque chose à redire ) parce que, comme je l’ai dit, je ne vois pas d’autre fin

Extrait :

 » Et, quand je suis en haut des falaises et que je regarde la mer, je ne vois pas les affreux bunkers en ciment et la terre nue, sans arbres, dans mon dos. Ils n’ont pas réussi à saccager la mer.

Cet été, les ajoncs recommenceront à pousser autour des fortifications, et d’ici à l’année prochaine, les vignes vierges les recouvriront peut-être. Je l’espère. J’ai beau détourner le regard, je n’arriverai jamais à oublier comment elles sont arrivées là.

Ce sont les travailleurs de l’organisation Todt qui les ont construites. Vous avez sans doute entendu parler de ces prisonniers que les Allemands traitaient comme des esclaves, dans les camps du continent ; mais saviez vous qu’Hitler en avait envoyé seize mille dans les îles Anglo-Normandes ?

Il nourrissait le rêve fanatique de les fortifier afin que l’Angleterre ne puisse jamais les lui reprendre ! Ses généraux appelaient cela sa «  fièvre des îles « .  » ( p. 166 – 167 )

Les auteurs :

Mary-Ann Sheffer est née en 1934 en Virginie-Occidentale. C’est lors d’un séjour à Londres, en 1976, qu’elle commence à s’intéresser à Guernesey. Sur un coup de tête, elle prends l’avion pour gagner cette petite île oublier où elle reste coincée à cause d’un épais brouillard. Elle se plonge alors dans un ouvrage sur Jersey qu’elle dévore : ainsi naît sa fascination pour les îles Anglo-Normandes.  »Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » est son unique roman, écrit en collaboration avec sa nièce, Annie Barrows, elle-même auteur de livres pour enfants.

Mary-Ann Sheffer est décédée en février 2008, peu de temps après avoir appris que son livre allait être publié et traduits en plusieurs langues.

Les cendres froides de Valentin Musso (édition France Loisirs)

Résumé :

 » 1999. A la mort de son grand-père, Aurélien Cochet découvre que celui-ci aurait travaillé durant la guerre dans un lebensborn, une maternité nazie accueillant des jeunes femmes enceintes de membres de la SS.

Au même moment, dans un petit village de la Marne, une octogénaire sans histoires est retrouvée assassinée à la suite d’un cambriolage. Les gendarmes soupçonnent très vite une mise en scène, mais ils sont loin de se douter que cette retraitée est la victime indirecte, plus de cinquante après la fin de la guerre, de l’entreprise eugéniste nazie.

Aidé par une jeune universitaire, Aurélien Cochet va tenter de lever le voile sur le passé de sa propre famille. Cambriolage, menaces, agression… Rien ne l’empêchera de plonger au cœur d’un des programmes les plus mystérieux et les plus terrifiants du IIIe Reich. Quitte à mettre ceux qu’il aime en danger…  »

Mon avis :

Nous entrons dans la vie d’Aurélien, professeur de cinéma et d’art audiovisuel, en classe prépa, se retrouvant confronté, à la mort de son grand-père, de reconstruire un passé plus brumeux qu’il ne le pensait.

Peu de temps après, une octogénaire, du nom de Nicole Brachet, se fait assassiner lors d’un pseudo-cambriolage. Les gendarmes découvre bien vite que cette femme est morte à cause de ses actes, durant la seconde guerre mondiale.

Aurélien, dont son point de vue, est traité à la première personne, ce qui nous permet de suivre les événements historiques avec plus de sentiments, aidée d’Héloïse, une universitaire, va bientôt faire le lien entre ce meurtre et le passé de son grand-père, dans les lebensborns. Ces derniers sont des maternités sensés recueillir les enfants de couples allemands de la pure race aryenne, qu’ils offrent au IIIe Reich, mais également des femmes Françaises enceintes d’Allemands.

Nous suivons la progression de l’enquête, par la présence des deux policiers, Franck et Émilie, qui se cherchent et s’embrouille sans cesse, mais forment une équipe détonante. Pas d’histoire d’amour entre eux, c’est du passé ! ( pour une fois que les policiers ne se séduisent pas ! )

La fin est une explosion de surprises, que, pour ma part, je n’avais pas vu venir ! Je me suis laissée prendre au jeu, portée par l’enquête policière et celle, familiale et historique, d’Aurélien. Bien que certains événements soient amenés de manières un peu simple, à mon goût. Néanmoins, cela reste le seul point négatif que je puisse emmètre.

L’auteur précise bien qu’il n’y eu qu’un seul lebensborn en France, situé à Lamorlay, et donc que le village et la deuxième maternité ont été inventé pour les besoins du roman.

Le style d’écriture est particulièrement bien travaillé, sous des dehors simple. Les personnages sont finement esquissés, afin de les rendre attachants et proches de nous, dans leurs préoccupations, leurs manières d’envisager les choses. Chacun à quelque chose à apporter à l’histoire et les personnages secondaires sont aussi important que les protagonistes. Nous sentons que l’auteur à particulièrement réfléchis au sens de la vie, et à ses priorités, cela se ressent dans son écriture.

Valentin Musso se distingue aisément de son frère, tant dans le style, que dans le sujet d’écriture. De plus, je suis tombée sous son charme au salon du livre ! ( mon Dieu, ce que ces yeux sont à tomber ! Ajoutez à cela une voix grave et viril comme il faut et vous tombez dans les pommes ! )

  • Points positifs : l’aspect développé, les lebensborns, qui n’est pas un sujet habituellement traité en littérature, l’écriture historique qui n’est pourtant pas dénuée de sentiments, en la présence d’Aurélien, contant l’histoire de son point de vue.

  • Points négatifs : la 4eme de couverture en dit trop et certaines choses dans la fin, ont peut-être été bâclées, ou trop simples.

Extraits :

 » Les gens heureux n’ont pas d’histoires.  » ( p. 19 )

 » Les choses ne disparaissent pas si on les ignore ; une leçon d’apprise. Peut-être les leçons doivent faire mal pour qu’on les retienne pour de bon.  » ( R. J. Ellory, Seul le silence ) ( p 301 )

 » C’est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d’effacer les mensonges et les trahisons.  » ( p. 309 )

 » Le malheur peut vous détruire, petit bout par petit bout, plus sûrement que la folie, jusqu’à vous rendre étranger à vous-mêmes.  » ( p. 388 )

L’auteur :

Agrégé en lettres Classiques, il enseigne la littérature et les langues anciennes.

Sont premier roman s’intitule  » La ronde des innocents  », et a reçu le prix littéraire au sommet de Clusaz 2010.